11 Sep 2018
Caire, Égypte
Efficacité des ressources et gestion durable des déchets

Ayant déjà travaillé pour une ONG, Shady Abdalla sait comment toucher le public. Contrairement à d’autres initiatives de gestion des déchets, il ne dicte pas une manière d’agir, mais présente plutôt des faits sur la crise – presque irrémédiable – des déchets en Égypte. Le pays est sans doute frappé par80 millions de tonnes de déchets chaque année, mais Shady Abdallah croit fermement que la gestion des déchets n’est pas incompatible avec l’artisanat.

En 2017, Shady Abdallah et son regretté co-fondateur, Medhat Benzoher, lancent leur initiative globale, Greenish, dans une tentative louable de sensibiliser la société autour des déchets et de la gestion des déchets, en appelant à une réduction significative de l’utilisation des plastiques, ainsi que la création d’œuvres d’art entièrement faites de déchets. « Après 2017, nos efforts sont devenus plus organisés, avec une entreprise, une accréditation et des contenus à montrer, que ce soit par le biais d’écoles, d’entreprises ou d’autres entités », explique Shady Abdallah.

Par la même occasion, Shady Abdallah et Medhat Benzoher ont voulu aborder la question de l’accessibilité de certaines entreprises aux installations et solutions de gestion des déchets. « Nous avons commencé à tendre la main à ces entreprises pour les aider à réduire leurs déchets et à mettre en place un programme flexible pour transformer ces déchets en articles recyclés », explique Shady Abdallah. Il ajoute qu’en plus de cela, il existe une plateforme en ligne Greenish où ces produits recyclés peuvent être vendus. Son lancement officiel est prévu pour le mois d’octobre de cette année et il est considéré comme le premier du genre en Afrique.

Le début de Greenish et le long chemin à parcourir :

Lors de la création de l’entreprise, les deux cofondateurs ont pris l’initiative d’obtenir suffisamment de fonds pour un démarrage décent. « Nous venions tous les deux d’un tout autre milieu et nous voulions tester ce modèle d’affaires. Nous voulions également tester la durabilité et la continuité de notre initiative pour générer des revenus tout en évitant un projet rapidement rentable », ajoute Shady Abdallah.

À la fin de la première année, 25 % des profits réalisés par Greenish provenaient de tournées dans cinq villes (cinq communautés) où des connaissances sur les plastiques et leurs effets nocifs ont été partagées et où des œuvres d’art spécifiques à chaque communauté ont été créées. « En ce qui concerne notre modèle d’entreprise, nous obtenons de l’argent grâce aux ateliers que nous organisons et à la formation que nous dispensons dans les écoles, les entreprises et les ONG », explique Shady Abdallah à propos de leur première source de revenus. « Notre deuxième source de revenus provient des frais de marketing des produits que nous vendons en ligne ».

 

Une stratégie unique pour une initiative créative :

Shady Abdallah prévoit une expansion, que ce soit au Moyen-Orient, dans la région du MO ou en Afrique. Cependant, celui-ci est déjà en train d’inclure toutes sortes d’entreprises et de partenariats. « Ce dont nous avons le plus besoin, c’est de nous associer à d’autres initiatives, en particulier pour les petits projets dans lesquels nous nous lançons », dit-il.

Shady Abdallah pense aussi à la création de contenu en arabe, ce qui peut être coûteux, d’autant plus qu’il faut chercher des financements. L’initiative – qui parcourt en permanence les gouvernorats égyptiens pour organiser des ateliers ou des activités comme le nettoyage des plages et le recyclage des canettes – s’est récemment associée à la marque de beauté L’Oréal pour son programme de développement durable « Sharing Beauty with All » et en partenariat avec les élèves de l’école Al Darb El Ahmar pour les arts, la culture et la musique pour sensibiliser à l’environnement.

Un autre partenariat a été conclu avec Suzanna Aprille Valle qui était, à l’époque, directrice d’une école internationale à Hurghada. Elle a mentionné que l’inititaive Greenish est très indiquée pour offrir du mentorat et sensibiliser la prochaine génération à ce qui est important dans la vie et l’environnement sur les plans spirituel et social. « Les gens ici sont fatigués et 30 % des jeunes ne vont pas à l’école, c’est triste », fait-elle remarquer.

Suzanna Aprille Valle défend avec ferveur la sensibilisation à l’environnement, en particulier autour de la mer Rouge. « J’aime travailler pour éduquer les enfants sur l’environnement car c’est plus facile –  travailler avec des adultes peut être très difficile », ajoute-t-elle. Elle connaît Greenish et se dit excitée à l’idée de l’arrivée de la société dans le gouvernorat de la mer Rouge. « Je cherchais aussi des jeunes qui pourraient utiliser l’improvisation et le théâte pour faire passer le message ou pour lutter contre l’intimidation. J’ai contacté des éducateurs au Caire et ils m’ont mise en contact avec Shady et Medhat », raconte-t-elle à propose de leur rencontre.

Greenish a fini par aller dans les écoles pour des activités interactives sur le recyclage et l’environnement. Suzanna Aprille Valle, qui a récemment lancé un programme d’enseignement à domicile et qui est maintenant directrice d’une école en Haute-Égypte, n’hésitera pas à collaborer à nouveau avec Greenish.

 

Pour en savoir plus sur Greenish, consultez sa page Facebook.

Photos : Avec la permission de Greenish.

Eman rédactrice et journaliste spécialisée dans la finance et dans les startups orientées écosystème.Eman El-Sherbiny
Cet entrepreneur Égyptien veut allier la gestion des déchets à l’artisanat | The Switchers
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