19 Sep 2018
Beyrouth, Liban
Aliments biologiques et agriculture

Ce qui était au départ un passe-temps pour Henri Bou Obeid s’est transformé en une énorme entreprise de cultures biologiques. Son terrain de 30 000 mètres carrés était initialement destiné à fournir des produits sains et biologiques à sa famille. Mais en 2013, Henri Bou Obeid a vu plus grand et a fondé Bioland, puis il a ouvert son premier magasin à Achrafieh, en 2015. Aujourd’hui, Bioland dispose d’une superficie totale de 600 000 mètres carrés de terres qui produisent beaucoup de cultures biologiques, d’huiles et de produits laitiers.

Outre Henri Bou Obeid, le directeur général de Bioland, Gilbert Khoury, est largement investi pour faire de Bioland la plus grande entreprise de production biologique au Liban. Khoury a commencé à travailler avec Henri Bou Obeid dans son entreprise de transport, Connex. « J’ai rejoint Bioland fin 2015. Lorsque nous sommes arrivés sur le marché, il n’y avait qu’un seul concurrent et les prix fixés étaient très élevés, alors que les nôtres en représentaient la moitié, explique Khoury.

Les plans globaux actuels de Bioland :

Certes, Bioland a commencé comme une initiative d’inter-entreprises, mais aujourd’hui, elle dispose de magasins de détail pour couvrir le besoin en produits biologiques sous le slogan adopté par Henri Bou Obeid, « Bio pour tous ».

Le géant potentiel n’est pas étranger aux collaborations qui se rapportent à d’autres questions environnementales et sociales. L’entreprise s’est associée à la Société pour la Protection de la Nature au Liban (SPNL) afin de sensibiliser à la cause des animaux menacés. « Nous avons quelques labels Bioland où l’on peut trouver [des images] d’espèces menacées sur les produits Bioland, et où 5% des revenus sont reversés à la SPNL. Il y a aussi les histoires de ces espèces au dos des étiquettes », ajoute Gilbert Khoury.

Bioland est également ouverte à tout partenariat qui pourrait bénéficier à toutes les parties concernées. Le lien de l’initiative avec la communauté va bien au-delà de la diffusion des connaissances sur l’agriculture biologique. Par exemple, elle s’est associée à l’ONU pour employer trois réfugiés syriens pour trois mois dans le cadre d’un stage où ceux-ci ont pu apprendre des choses sur les produits laitiers, l’agriculture et autres sujets.

Mais l’approche de Bioland pour gagner un public ne va pas sans défis. La communauté libanaise considère toujours les produits biologiques comme des produits de luxe. « Les gens sont capables d’acheter des produits biologiques rien que pour montrer à leurs invités qu’ils mangent bio. Toutefois, les gens sont de plus en plus conscients, mais le problème est le pouvoir d’achat du peuple libanais qui traverse une crise économique », ajoute Gilbert Khoury.

Expansion et rayonnement à l’étranger :

Bioland possède également deux marchés offshore au Qatar et au Royaume-Uni, et des plans d’expansion vont forcément suivre. « Avec le Royaume-Uni, nous travaillons à l’exportation d’huiles, notamment la sauge, la lavande, le néroli et l’huile d’origan. Et cette année seulement, nous avons planté 12 000 arbres pour répondre aux besoins en huiles essentielles », explique Gilbert Khoury.

Le plan est de continuer à développer sa clientèle outre-mer tout en ciblant le Conseil de coopération du Golfe (CCG). « Nous n’avons pas encore la capacité de croître de façon substantielle, mais c’est ce à quoi nous travaillons », remarque Gilbert Khoury. Pour poursuivre dans cette voie, Bioland avait déjà commencé à employer certaines techniques comme la permaculture. « La permaculture vous aide à réduire l’énergie, le coût, le gaspillage de l’eau et la surface du terrain tout en maintenant la consommation d’eau de pluie », dit-il.

Allant jusqu’au bout de son engagement en faveur de l’environnement, Bioland a adopté une pratique responsable en matière d’emballages recyclables. Cependant, un tel dévouement s’accompagne de défis. « Ce type d’emballage est difficile à obtenir au Liban, ce qui signifie que nous devons les importer, ce qui est coûteux en soi. Mais nous faisons de notre mieux », déclare Gilbert Khoury.

Les plans bien conçus de Bioland pour devenir le leader du marché ont porté leurs fruits. « Nous avons connu une croissance de 450% entre 2016 et 2018. Nous avons un restaurant d’une capacité de 250 personnes. Et nous recevons continuellement des commandes et nous essayons de répondre à cette demande », dit Gilbert Khoury.

Gilbert Khoury ajoute que Bioland a un message fort à transmettre, aux consommateurs et aux agriculteurs. « En fait, nous avons des contrats agricoles avec de nouveaux propriétaires terriens et agriculteurs. Ces contrats concernent la culture de la lavande, de l’origan, des fruits et légumes », explique-t-il.

 

Pour en savoir plus sur Bioland consultez sa page Facebook.

Photos : Avec la permission de Bioland.

Eman rédactrice et journaliste spécialisée dans la finance et dans les startups orientées écosystème.Eman El-Sherbiny
Cette initiative relève le défi de promouvoir un marché entièrement biologique au Liban | The Switchers
Traduction : Lilia Bacha
Bioland Aliments biologiques & Agriculture
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